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L’idée
de l’image environnementale m’a poursuivie tout au long de
l'écriture de ma thèse avant même qu je puisse la
rationaliser. J’ai réalisé qu’en travaillant
à l’ordinateur, mon mode de relation pouvait être qualifié
d’environnemental dans la mesure où j’identifie souvent
les opérations par leur position dans l’espace. En lisant
Neil Postman et son « écologie des médias »
(où il tente de comprendre leur évolution dans leur globalité
et dans leur environnement), j’ai aussi réalisé comment
toutes mes œuvres et actions sont solidaires et dépendantes
de mon environnement :
« An environment is after all a complex message system which imposes
on human beings certain ways of thinking, feeling and behaving. It structures
what we can see and say and therefore do, it assigns roles to us and
insists on
our playing them, it specifies what we are permitted to do and what
we are not. »
Ces propos
de Neil Postman deviennent encore plus signifiants lorsqu’on considère
que toute image issue d’un système d’imagerie 3D par
ordinateur est nécessairement dépendante de trois environnement
différents et interreliés qui encadrent sa genèse.
Cette image est donc triplement « environnementale »:
1. L’environnement logiciel de l’animation 3D inclut un ensemble
de menus qui permettent de créer et modifier les fichiers et variables
qui définissent les états et options du système.
2. Cet environnement de travail est un véritable plateau de tournage
qui permet à l’artiste de construire et de percevoir un deuxième
environnement, virtuel celui-là, dans un espace à définir
et un temps de synthèse que l'artiste peut manipuler à sa
guise.
3. Quand j’expose ensuite mes films, mes projections s'intègrent
à l'environnement physique de mes installations. Des projections
sur écrans translucides réalisent leur intégration
dans l’espace par multiples réflexions qui transforment l’installation
en un lieu filmique enveloppant.
Mon image environnementale devient alors une espèce de synthèse
de l’espace virtuel construit et de l’environnement physique.
Par ailleurs, elle décrit l’ampleur d’un phénomène
qui ne cesse de s’étendre au plus profond de nos vies : les
images nous envahissent de plus en plus.
Depuis quelques années, les artistes inondent nos espaces d’images
à très grande échelle à travers toutes sortes
de projections. Elles sont souvent « installées » dans
des lieux publics ou même dans l’environnement réel
du spectateur. L’artiste tire parti de ce « troisième
environnement ». Au lieu de masquer l’environnement physique
ou de le faire oublier, les images animées à grande échelle
informent toute la scène et la colorent de toutes sortes de réflexions
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